MARMOUSSET

Paradministrateur

MARMOUSSET

LES MÉMOIRES DU PÈRE NOËL – TOME 1

SYNOPSIS 

Le porte-clés magique du Père Noël a été égaré, on le cherche partout dans le royaume. L’instant est grave, car, sans ces clés, il est impossible de faire la grande tournée, puisque trop d’enfants habitent dans des maisons sans cheminée.

C’est alors qu’un Lutin se souvient que le précieux trousseau a été laissé dans le fond de la grosse poche à la fin de l’hiver dernier. Malheur! Il est trop tard pour la vider. Noël semble perdu…

MARMOUSSET, LE LUTIN NAIN

Ho! Ho! Ho! Je suppose que vous connaissez tous Rudolphe, mon petit renne au nez rouge. Vous souvenez-vous comment les autres rennes se moquaient de lui à cause de son nez différent? Eh oui, son petit nez lumineux en faisait rire plusieurs.

Forcément, pour qu’il se mérite le respect des autres rennes qui le croyaient ridicule, il a fallu qu’il démontre son courage, sa détermination et surtout son utilité, en guidant mon traîneau dans une grosse tempête un soir de Noël. À présent, plus personne ne se moque de lui, car ils savent que, sans cette différence qui le rend unique, des millions d’enfants n’auraient pas eu de cadeaux cette nuit-là.

Ça, c’est l’histoire de mon cher Rudolphe, racontée par mon ami Robert L. May. Elle illustre qu’il ne faut pas juger quelqu’un à cause de son apparence, car c’est la différence qui rend chacun spécial et utile. En parallèle avec cette histoire, voici celle de Marmousset, le fils de ma pâtissière.

Vous savez, ma pâtissière fait partie de la grande famille de Lutins qui m’aident en fabriquant tous les jouets qui vous plaisent tant. Sa tâche, à elle, c’est de confectionner les gâteaux et sucreries que je distribue durant mes visites. Des friandises comme des cannes de Noël par exemple, ou encore des petits beignets décoratifs.

Ma pâtissière avait un secret bien gardé : Elle était maman! Vous vous demandez comment l’on peut cacher pareille chose? Ça a commencé avec sa grossesse. Ça les enfants, c’est quand votre maman attend, souvent avec impatience, que vous sortiez de sa bedaine pour vous serrer dans ses bras. Quand je dis qu’elle attendait avec impatience, je ne parlais pas de votre papa qui lui aussi attendait avec impatience hohoho. Je voulais dire qu’ils avaient très hâte que vous sortiez de la grosse bedaine de maman. Plus vous êtes gros plus vous prenez de la place dans son ventre, et ça paraît hohoho!

Pour la maman de Marmousset ça ne paraissait pas parce que lui était particulièrement petit. Comme elle n’avait pas de grosse bedaine, personne ne se doutait qu’elle allait avoir un bébé. Il n’y avait que mon Lutin médecin et mon Lutin infirmière qui le savaient, mais eux ils savent garder les secrets. Pour protéger le leur afin que personne ne rit de leur enfant, chaque année, elle et son mari rayaient le nom de leur garçon, Marmousset, de la liste magique des enfants sages pour que tous, y compris moi, ignorerions sa présence. De ce fait, personne ne se doutait que ce couple élevait ensemble un enfant, car ils cachaient habilement leur secret.

Ces parents avaient, selon eux, une bonne raison de vouloir cacher l’existence de leur Marmousset : il était nain. Vous allez me dire que ce n’est pas grave, puisque tous les Lutins sont des nains. Et vous avez presque raison! Mais un nain chez les nains ça fait vraiment un très petit garçon. Alors, pour le protéger des enfants Lutins qui se seraient moqués de lui, ils choisirent de le garder caché, en espérant qu’un jour il grandisse.

Connaissez-vous quelqu’un qui est plus petit que les autres? Est-ce que c’est dramatique qu’il soit de petite taille? Non, bien sûr. On connaît tous les bons amis Timon et Pumba, dans Le Roi Lion, qui sont comme des frères malgré leur différence de grosseur. Il y a également Sébastien, le crabe, qui est beaucoup plus petit qu’Arielle, la sirène, et pourtant c’est lui qui doit assurer sa sécurité. C’est la preuve que la grandeur se situe entre les deux oreilles, et non dans la longueur du corps! Ma pâtissière l’a compris quand il m’est arrivé un grand malheur, la veille d’un Noël.

Figurez-vous que, juste avant de partir pour ma distribution de cadeaux, on s’est aperçu que j’avais perdu mes clés magiques. Vous savez, celles avec lesquelles j’ouvre toutes les portes des maisons, des appartements, des chambres d’hôtels, des motorisés et même des bateaux où il n’y a pas de cheminée. Levez la main tous ceux et celles qui n’ont pas de cheminée chez eux. Comment vous pensiez que je fais pour aller vous porter vos cadeaux? Hé oui, j’entre par la porte. Clédor, mon Lutin serrurier m’a fabriqué des passe-partout de toutes les sortes de serrures du monde. Et comme il y en a beaucoup, Abracadajemensouvienspas, mon Lutin magicien, les a rendues magiques. Ainsi, quand je suis devant la porte d’un endroit sans cheminée, la clé qu’il me faut prendre s’allume. Ça me fait sauver bien du temps hohoho! Vous comprenez maintenant pourquoi il me fallait mes clés. Nous les avons cherchées partout.

Dans chaque tiroir, derrière chaque meuble, sous chaque lit de ma maison et de l’atelier, mais sans succès. Pas la moindre clé et le temps passait.  J’étais sur le point d’avoir à partir, sans elles, pour ma grande tournée, quand un Lutin, qui avait l’air tout malheureux, m’a dit : ¨Père Noël, Père Noël, je sais où sont vos clés.¨ J’étais heureux et je lui ai tout de suite dit : ¨Merveilleux! Dis-moi où elles sont. Vite, vite je suis sur le point de partir. Plus de la moitié des enfants du monde n’auront pas de cadeaux si je pars sans mes clés.¨ Il paraissait encore plus triste quand il m’a dit : ¨On les a laissées au fond de la grande poche de cadeaux.¨  Horreur! Mais oui! Après chaque Noël, je mets ces clés passe-partout dans la poche à jouets, et je fais un nœud très solide. Impossible de perdre ce gros sac rouge, donc impossible de perdre les clés! Quoi que…

Avec le temps qui avait filé, il était maintenant trop tard pour la vider. Comme elle est faite avec du fil que mon ami Spiderman a donné à ma couturière, elle peut s’étirer, s’étirer, s’étirer, mais est impossible à couper. Dans ces conditions, il semblait certain que j’allais manquer ma distribution. J’étais très triste à l’idée que je ne pourrais pas récompenser toutes les filles et les garçons qui seraient, à Noël, dans des lieux sans cheminée, alors qu’ils s’étaient efforcés d’être des enfants sages presque toute l’année. Je me sentais malheureux en pensant à toutes les éducatrices, les mamans, les papas et toutes les autres personnes qui m’avaient dit que ces enfants méritaient leurs cadeaux.

C’est ce moment que ma pâtissière a choisi pour introduire son fils à la communauté. Elle et son mari nous ont dit qu’ils avaient la solution. Puis ils sont partis en courant jusqu’à chez eux. On n’a pas attendu bien longtemps. Ils sont revenus tout de suite. Marmouset était debout sur la main de son papa.

À sa vue, toutes les bouches se sont ouvertes, mais aucun son ne se fit entendre. Personne n’en croyait ses yeux. Mes Lutins technologiques ont crié : ¨C’est un robot? ¨ Ce à quoi d’autres Lutins ont répondu : ¨Bien non, il bouge comme nous. Il parle comme nous!¨ On n’avait jamais vu d’enfant si petit! Il y avait bien les bébés qui venaient au monde à cette taille, certes, mais, outre sa grandeur, ce garçon n’avait rien d’un nouveau-né. Marmouset les avait, depuis plusieurs années, regardé par sa fenêtre. Il était tellement heureux de pouvoir les saluer de la main et leur crier des ¨bonjour!¨. Tous étaient surpris car il paraissait drôlement fort et vigoureux.

Rapidement, sa mère lui expliqua ce qu’il devait trouver. Son père le souleva et le plaça sur le dessus de l’énorme sac de cadeaux. Puis, Marmousset se glissa dans la poche en se faufilant à travers les paquets. Il jouait à Tarzan en se projetant d’un ruban à l’autre. Parfois, il se laissait chuter sur un toutou moelleux. Arrivé au fond de la poche il a profité de sa petite taille pour passer dans les trous entre les cadeaux, comme l’aurait fait une petite souris. Il a dû utiliser toutes ses forces pour dégager mon trousseau de clés coincé sous un cadeau. Puis il a entamé sa remontée. Plus question de faire le Tarzan. Il devait d’une main tenir mes clés et de l’autre escalader pouce par pouce vers le haut de ma grosse poche en se servant de tous les rubans. Même Musclenor, mon Lutin fort, était fier, comme nous, en entendant le bruit des clés et les cris de joie que Marmouset poussait chaque fois qu’il parvenait à atteindre le dessus d’un cadeau. Il lui fallut peu de temps pour ressortir de ma poche avec mon trousseau de clés, à bout de bras. Oui il était petit, mais il était fort. De plus, il n’avait endommagé aucun cadeau!

Je remerciais Marmousset et m’envolais vers vous pour enfin commencer ma tournée. Alors que mon traîneau, tiré par mes rennes, s’éloignait de l’atelier puis du royaume, je regardais, en souriant, tous les Lutins qui faisaient la fête à notre nouveau petit héros. Enfin, les parents de Marmousset comprirent que, même très petit, leur enfant était un élément indispensable à notre grande famille.

Vous voyez les enfants, on peut avoir besoin d’un plus petit que soi. Il ne faut jamais rire des autres qui sont différents de nous, car chacun est unique. Qu’une personne ait de petits yeux bridés, la peau foncée, qu’elle soit maigre ou avec un surplus de poids, comme moi, Ho! Ho! Ho! Qu’elle ait les cheveux roux ou bleu turquoise, qu’elle soit handicapée, aveugle ou encore sourde et muette, elle a le droit au respect et à la gentillesse. Chaque personne a de belles qualités, il faut simplement ouvrir son cœur pour les voir. Faites-vous-en des amis, car si un jour, vous êtes dans le besoin, ils pourront peut-être vous surprendre avec leurs qualités.

Les enfants, allez-vous vous souvenir de Marmouset?

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