UN CADEAU POUR MON AMI

Parpère noel

UN CADEAU POUR MON AMI

LES MEMOIRES DU PÈRE NÖEL – TOME 1

SYNOPSIS

Rien ne touche plus le Père Noël qu’un cadeau qui est demandé pour un autre. Plus encore, quand il s’agit d’un…

UN CADEAU POUR MON AMI

Vous croyez que tous les enfants du monde veulent des cadeaux? Vous n’avez pas tort, mais tous n’ont pas les mêmes raisons pour les vouloir.

Certains veulent de l’eau ou de la nourriture parce qu’ils en manquent. D’autres des manteaux ou des bottes, car ils ont froid. Il y a aussi ceux qui voudraient retrouver la santé ou la jeunesse. Ou ceux qui rêvent à la fortune.

Il y a parfois ceux qui veulent des parents qu’ils ont perdus et ceux qui veulent la paix dans le monde ou dans leur pays déchiré par la guerre. Puis ceux qui désirent les vêtements ou jouets à la mode car la publicité les a convaincu qu’ils ne pourraient vivre sans eux.

De toutes les demandes qui me sont faites chaque année, il y en a une sorte qui me tient particulièrement à cœur. C’est celles que l’on me demande pour les autres.

Permettez-moi de vous raconter l’histoire de l’une de ces demandes.

Un soir de novembre, Mère Noël et moi étions assis près d’un feu de foyer qui nous réchauffait. Nous révisions ensemble les listes des enfants sages qui nous arrivaient de partout. 

Il nous faut les réviser continuellement car il y a des enfants qui s’imaginent qu’il suffit d’être sage à la maison pour se mériter des cadeaux. En fait les garderies, les écoles, les parcs, les camps d’été et même leurs voisins nous expédient des listes pour nous faire savoir s’ils ont été sages partout.

C’est pourquoi Mère Noël et moi, assistés de plusieurs lutins, bien entendu, nous vérifions toutes les listes pour être certain de ne récompenser que ceux qui le méritent.

Ce jour là, Mère Noël m’a tendue une lettre. Elle avait la larme à l’œil et était sans voix. J’ai tout de suite comprit qu’il devait s’agir d’une demande particulière et je l’ai lu.

Elle était écrite sur un beau papier fleuri, avec un dessin pour me montrer le cadeau que la jeune fille voulait donner à son meilleur ami. Vous savez, je lis toutes les lettres, même s’il n’y a pas de dessin et si elles sont écrites sur du papier normal. J’ai parlé de cette lettre car la jeune fille qui me l’avait envoyé avait mit tout son cœur pour être certaine que son copain ait son cadeau.

Elle a commencé sa lettre en me parlant de son ami. Elle me disait qu’il devait être l’enfant le plus sage de la terre. On voyait qu’elle l’aimait beaucoup. Elle m’a parlé de ses parents qui sont décédés dans un très grave accident de la route, l’année dernière. Elle m’a dit qu’il vivait chez sa tante, une bonne dame qui habitait à trois maisons de chez elle. C’est quand il a prit l’autobus scolaire, pour son premier jour d’école, qu’elle l’a rencontré pour la première fois. Tout de suite ils sont devenus des amis inséparables. Ils faisaient leurs devoirs ensemble. Ils jouaient ensemble et même, ils allaient faire de très longue randonnées à vélo, ensemble. Il était toujours là pour la protéger contre les méchants qui tentaient de l’intimider.

Vous savez les enfants ce que veut dire le mot intimidation? C’est quand des plus grands, des plus forts ou un groupe de vilains décident de faire peur à un plus faible. Si ça vous arrive, il faut tout de suite aviser un professeur ou vos parents. Parce que ce n’est pas correct. 

Hé oui, elle se sentait en sécurité avec son meilleur ami. Il était si gentil. Depuis son arrivé, il n’avait jamais parlé de ses parents, mais sa copine comprenait qu’ils lui manquaient beaucoup. Avec elle, il avait reprit le goût de rire et d’avoir du plaisir.

 Et tout d’un coup, tout a changé. Il ne voulait plus qu’elle s’approche de lui. Elle le regardait assis sur son perron pleurant. Elle croyait que c’était à cause de la perte de ses parents. Elle aurait voulu le consoler. S’assoir à son côté pour juste être là, sans parler, mais il refusait de la voir. Il avait cessé de venir à l’école, lui qui aimait tant apprendre de nouvelles choses. Elle apportait à sa tante les devoirs qu’il devait faire et à chaque fois, la tante se mettait à pleurer et refermait la porte après avoir pris les notes. 

En revenant de l’école, à la fin de sa journée, quand elle aperçut une ambulance devant chez son copain, elle en a échappé ses livres en courant pour voir ce qui arrivait. Elle vit des ambulanciers sortir son ami sur une civière. Elle lui a crié : qu’es-ce que tu as? Il ne lui a pas répondu. Sa mère qui avait vue la scène était venue prendre sa fille dans ses bras. Elle s’approcha de la tante et lui demanda : où l’amènent-ils? À travers ses larmes, elle répondit : à l’hôpital de l’Enfant Jésus, puis elle monta dans l’ambulance.

La jeune fille demanda à sa mère de l’y conduire. En arrivant à l’hôpital, ils entrèrent à urgence et virent la tante qui pleurait dans la salle d’attente. Elle leur a dit que Jimi avait la leucémie et qu’il ne lui restait que peu de temps avant de mourir. Les médecins n’y pouvait rien. La maladie était trop avancée, même une greffe serait inutile. C’est à ce moment là que Xaviérine, son amie, est partie en courant ouvrir toutes les portes jusqu’à ce qu’elle ait trouvé son ami. Elle se précipita à son chevet et lui prit la main en lui disant qu’il restera toujours son ami et qu’elle ne le quitterait pas avant qu’il ne meurt. Il ouvrit les yeux et a sourit. Les médecins et les infirmières décidèrent de faire une exception car normalement il n’aurait droit qu’à une visite de cinq minutes à l’heure et les enfants sont interdits, mais la détermination de cette jeune fille et le sourire du patient les ont convaincus que cela valait tous les antidouleurs qu’ils pouvaient lui donner. 

Rendu là dans la lettre, j’ai tout de suite pensé qu’elle voulait que j’aille le voir à l’hôpital. Beaucoup de maman, de papa et même des infirmières et des médecins, me demandent de faire ce genre de visite et j’en fais ma priorité. Surtout si c’est ma dernière visite à son chevet. Oui elle me le demandait, mais le cadeau qu’elle voulait pour son ami était encore plus touchant que cela. Figurez-vous les amis qu’elle me demandait de lui donner une pierre tombale qui dirait : de Xaviérine, ton amie pour toujours. Vous savez ce que c’est qu’une pierre tombale? Ce sont les pierres qu’on voit dans les cimetières. Elle aimait tellement son copain qu’elle voulait comme seul cadeau, pour elle, que je lui donne un message qui allait accompagner son ami pour l’éternité. Ça c’est longtemps, longtemps.

Cela a été un des plus beaux cadeaux que j’ai donné de toute ma vie. Mais j’ai aussi ajouté, pour elle, un livre aux pages blanches pour qu’elle raconte son histoire et qu’elle le garde sur son cœur.

Je vous aime mes petits amis, aussi fort que Xaviérine aimait son ami. Ho! Ho! Ho!

À propos de l’auteur

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